La crise attendra... Après huit matches sans victoire, le Paris SG a enfin renoué avec le succès dimanche, en conclusion de la 31e journée de L1, en atomisant (4-1) l'AJ Auxerre dans un Parc des Princes apaisé et réconcilié avec son équipe. Du jeu, des cadres enfin à leur niveau à l'image de Kalou, Dhorasoo ou Rothen et l'espoir du côté de la porte d'Auteuil de voir le club de la capitale, à nouveau à portée d'une qualification européenne, finir cette saison, quoiqu'il arrive gâchée, en trombe.
Des buts, du jeu et de la joie au Parc: le PSG était dimanche méconnaissable. Huit mois. Huit mois que Paris n'avait plus régalé le Parc de Princes de la sorte. C'était il y a huit mois, le PSG ouvrait sa saison sur les chapeaux de roue en écrasant Metz (4-1). C'était le temps de tous les espoirs pour une équipe gonflée à bloc à l'entame d'une saison qui devait permettre au club de la capitale de revenir à la lutte au sommet de la Ligue 1. Des ambitions douchées par huit mois d'une nouvelle galère, marqués par la destitution incompréhensible d'un entraîneur apprécié de ses joueurs et des supporters, et qui, dimanche, en cas de nouveau faux-pas à domicile face à l'AJA, auraient sans doute précipité le PSG en pleine crise.
Au lieu de cela, quinze jours après l'humiliation subie face à la réserve de l'OM (0-0), les joueurs de Guy Lacombe ont offert le match le plus abouti de leur saison à un public qui, pour l'occasion, comme un signe, avait choisi de laisser de côté les luttes intestines pour soutenir son équipe à l'unisson. Une victoire (4-1) face à Auxerre et une impression inédite, celle de Parisiens dominateurs de leur sujet, capables de développer ce jeu à une touche de balle, comme sur l'ouverture du score de Kalou au terme d'un mouvement Mendy-Cissé-Pauleta, sur lequel Guy Lacombe travaillait depuis des semaines sans que ses troupes ne parviennent à retranscrire en match les exercices répétés à l'entraînement. Quatre buts, du spectacle et des cadres évoluant enfin à leur niveau à l'image d'un Kalou, auteur d'un doublé et meilleur homme du match, ou de Pauleta qui n'avait plus marqué en L1 depuis six matches.
Rothen, le sourire retrouvé...
Et que dire des performances des deux ex-bannis, Rothen et Dhorasoo, le premier omniprésent et décisif sur le but du break en délivrant le centre sur lequel l'Auxerrois Bolf trompait Cool de la tête, quand le second, auteur de son meilleur match sous le maillot du PSG, servait d'un caviar Kalou sur son second but. Que les deux internationaux, tout comme Pauleta, bénéficient d'une sortie en fin de match sous les vivas lors de leurs remplacements était tout sauf un hasard, Guy Lacombe prenant soin de profiter de l'occasion pour soigner la confiance de ces leaders retrouvés.
"C'est sûrement mon meilleur match depuis que je suis au PSG, commentait le coach parisien à l'issue de cette renaissance qui n'est jamais que sa troisième victoire à la tête de l'équipe parisienne. On a eu de la réussite mais le match a basculé pour nous parce que les onze ou les dix-sept joueurs du PSG l'ont voulu. On a fait de bons matches avant mais cette fois on a eu la réussite."
Une certaine satisfaction du devoir accompli, un sentiment plutôt rare cette saison du côté de la Porte d'Auteuil que confirmait l'homme du match, sans pitié pour ses anciens coéquipiers, Bonaventure Kalou, désormais à la tête d'un capital de sept buts depuis qu'il évolue à Paris: "Ce qui change c'est l'état d'esprit. C'est vrai que c'est mieux de jouer avec tous les techniciens de l'équipe. (...) Quand on joue ensemble, ça va mieux." Cela change tout et un Jérôme Rothen, peu épargné par les critiques ces derniers temps et qui, le matin même du match, dans les colonnes du JDD, mettait les choses au point en un langage fleuri: "Je ne suis pas une tête de con!", avait dimanche soir toutes les raisons de savourer l'instant: "On travaille depuis pas mal de semaines pour faire des gros matches. Nous avons retrouvé du mouvement, du jeu simple. On a eu des occasions, des centres. A l'arrivée, nous sommes récompensés. C'est bien. Maintenant, nous allons profiter et savourer car cela faisait longtemps que nous attendions cette victoire."
Lacombe: "J'attends le prochain match"
Pour autant, et alors que certains seraient déjà prêts à dresser des louanges à un groupe qui, durant huit mois, a failli dans la quête de son objectif, ce large succès ne saurait faire à lui seul oublier l'essentiel. Le PSG n'est jamais revenu qu'à quatre points des places européennes et reste à six d'une qualification en Ligue des Champions. Et entre satisfaction et regrets, la ligne restait ténue: "Cela fait du bien de gagner un match comme ça même si après on a l'impression d'un gros gâchis. On aurait pu faire ça plus tôt dans la saison", n'oubliait pas de noter Modeste MBami.
Un rappel des faits utile que Guy Lacombe prenait d'ailleurs à son compte au moment de rappeler que, s'il peut avoir l'espoir de finir en trombe sa saison, le club parisien aborde une série (Monaco, Bordeaux, Lens et Lyon) qui réclamera le même investissement jusqu'au soir de la 38e journée: "Il faudra rééditer ce genre de matches pour confirmer. C'est ça le problème. Si on confirme à Monaco, la fin de saison peut être intéressante. (...) Il faut qu'on fasse encore plus. J'attends le prochain match. Le match à Monaco nous dira où on en est vraiment." A Paris, il y a bien longtemps qu'une victoire, aussi large soit-elle, ne fait plus le printemps...